Le château du Diable, Morbihan

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Le château du Diable

Accrochées à flanc de rocher, les ruines du château , appelé aussi Château du Diable ou des Anglais, se fondent dans l’immense muraille naturelle.

Pour protéger une habitation troglodytique, une gigantesque construction fut érigée, en aplomb au ras de la falaise, n’offrant plus au regard que son immense façade presque aveugle. Une seule fenêtre à meneaux s’ouvre en hauteur. Poste de guet et de veille, une grosse tour conforte l’ensemble.

Véritable repaire, son origine se perd dans les premiers siècle du moyen-âge. Propriété des Barasc puis des Cardaillac, sa présence est clairement attestée et redoutée au cours de la guerre de cent ans pendant laquelle, les routiers, mercenaires, y avaient établi leurs quartiers. Le nom de Diable vient de la violence et des exactions qu’ils exerçaient depuis ce bastion imprenable.

La légende dit que sur  la route de Compostelle, la via Podiensis traverse un village au confluent de la Sagne et du Célé. Accroché à la haute falaise qui le domine les pèlerins peuvent apercevoir les ruines d’une forteresse. Les archives locales nous disent que celui-ci fut reconstruit par Waïffre, seigneur d’Aquitaine au VIII siècle. Dans les fermes, à la veillée, quand les paysans se retrouvent près du cantou pour le dénoisillage, ils racontent de biens étranges histoires !

Ils disent que parfois les nuits de pleine lune, une chèvre blanche apparaît aux promeneurs téméraires gambadant dans les rochers. Ils disent aussi que les murs parlent aux curieux qui osent s’approcher des ruines. C’est ainsi que l’histoire de Mariette, une jeune paysanne, circule de maison en maison.

Mariette habitait dans une chaumière, en compagnie de ses parents et de sa grand’mère. Ils vivaient de peu, travaillant pour le seigneur, faisant régulièrement les corvées et apportant au maître le produit des récoltes. En cet hiver de l’an 745, les temps sont durs : les moissons ont été maigres et la cueillette des châtaignes n’a pas rempli le coffre, les chèvres n’ont guère de lait. L’angoisse du long hiver à venir pèse lourdement sur la famille. Une vilaine toux accable l’aïeule déjà paralysée, les privations l’affaiblissent et la jeune fille cherche le moyen de lui redonner des forces. Elle sort et emprunte le sentier escarpé qui mène au domaine. Au château, la fête de Noël bat son plein. Dans la plus grande salle éclairée par les flammes de la cheminée, le seigneur et ses compagnons d’armes dans leurs plus beaux atours, font ripaille. Les nombreux plats se succèdent, rires et badinages résonnent, une longue nuit joyeuse s’annonce. Soudain la porte s’ouvre : un archer pousse devant lui la jeune bergère apeurée. Vêtue de hardes, pieds nus, elle est cependant très belle. Les yeux des hommes brillent, le vin servi en abondance a échauffé les esprits.

  • - Qui es-tu? Que puis-je faire pour toi demande le suzerain.
  • - Je suis la petite fille de Jeanneton, j’habite près du ruisseau, ma grand-mère va mourir si vous ne l’aidez!
  • - Belle enfant, approche que l’on te voie mieux!
  • - Tremblante, Mariette avance lentement.
  • - Belle enfant, j’aiderai la vieille, te couvrirai de bijoux et tu seras ma maîtresse! L’homme s’avance, les mains tendues pour l’enlacer, une lueur lubrique dans les yeux.

Les convives ricanent, Mariette comprend l’intention du seigneur, elle veut s’enfuir mais la porte est fermée. Paniquée, elle ouvre la fenêtre et se jette dans les eaux glacées et tumultueuses du Célé.

Dans le silence qui suivit on entendit un faible cri et la rivière engloutit l’enfant. Jamais on ne retrouva son corps. On dit que deux anges conduisirent au ciel l’âme pure de la bergère. Au matin des hordes venues d’on ne sait où, envahirent la contrée. Terreur et désolation régnaient dans les campagnes. Gardes et guerriers périrent et le seigneur vit sa forteresse brûler. Lui-même frappé à mort, fut jeté  dans le Célé. Le château s’appela désormais château du diable.

C’est depuis cette époque, par les nuits de pleine lune que l’on peut parfois apercevoir une chevrette blanche, tout en haut dans les rochers. On ne sait d’où elle vient, on ne sait où elle va, nul ne peut s’en approcher

  • - Est-ce l’âme de Mariette qui revient hanter les lieux d’où elle s’est envolée, un soir de Noël?

Son parc :

On le remarque de loin, le promontoire boisé de Pendreff. Et pour cause, surplombant d’une vingtaine de mètres la surface de l’eau, il forme une véritable tache verte au milieu de l’étendue urbaine. Cette petite enclave de six hectares enceinte d’un mur en pierre est isolée entre le Scorff et le ruisseau qui vient s’y jeter. En vous enfonçant dans le parc, le brouhaha de la ville s’estompe pour laisser place aux cris des mouettes et aux allers et venues des hérons. Peu d’habitants de la région connaissent le lieu, récemment réhabilité. Encore moins son parcours botanique, riche en essences. Des petits panonceaux en bois vous présentent quelques-unes des espèces d’arbres et arbustes qui y grandissent. En dehors des classiques chênes, hêtres et châtaigniers, vous trouvez des séquoias, des cèdres, des pins de Monterey mais aussi des éléagnus, des camélias ou encore des bambous. N’hésitez pas à suivre les sentiers ou à vous engager sur les pelouses. Un magnifique hêtre pourpre de trente mètres de haut et vieux de cent cinquante ans trône au milieu du parc. Plus loin, un groupe de châtaigniers vénérables se détache de l’horizon. Tout comme ces beaux troncs d’arbres noueux qui, à quelques pas des ruines du château, dressent fièrement leur silhouette dépouillée

Ouverture : Toute l’année

Tarif: Gratuit

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